Dicono di Mordenti

Monsieur Mordenti vu par madame Catherine

Un commissaire de police, Le commissaire, efficace, beau gosse, sympathique à ses collègues, aux femmes et même peut-être à ses ennemis.
Le fait qu’il soit le narrateur de ses aventures entraîne l’auteur à faire de lui un personnage complexe, aux multiples facettes puisque c’est par ses yeux que sont décrits, non seulement ses propres actes, réactions et sentiments, mais aussi les autres personnages, leur physique, leurs particularités, leurs tics, leur façon de s’habiller, leurs agissements, leurs relations avec lui et encore les lieux.
En bon mousquetaire plein d’énergie, il est toujours prêt à débusquer les criminels, les fourbes, les salauds. Rien ne l’arrête, ni le risque de prendre des coups, de se faire descendre, ni celui d’enfreindre les ordres supérieurs de modération et de strict respect des lois. Il n’est pas vantard mais il sait, bien qu’effleuré par quelques doutes, qu’il finira par attraper les coupables grâce à son flair, à la chance qui souvent lui sourit, à son équipe qui lui fait confiance et le seconde avec diligence et efficacité, à son supérieur hiérarchique –haut en couleur- qui, malgré ses mises en garde et ses appels à la modération, le laisse agir à sa guise et le couvre.
Cependant, tout autre que tête brûlée, il agit par devoir, poussé par son sens de la justice et non par désir effréné et téméraire d’en découdre avec des assassins armés par des hommes de grande envergure protégés par leur position sociale. Notre commissaire s’impose de (est aussi amené à), non seulement supprimer les tueurs, mais faire rendre gorge aux individus ignobles qui tirent leur puissance, leur renommée, leur richesse, de comportements illicites, présomptueux, vengeurs.
Un fonceur qui, pourtant, n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut se détendre en dégustant un bon vin, un bon plat. Les lieux qu’il fréquente et qu’il découvre sont décrits avec intérêt. Il est sensible (très évidemment comme l’auteur) au climat, aux couleurs de la nature, aux effets de lumière, à la beauté, aux œuvres d’art, aux femmes, aux femmes belles et élégantes. Rien n’échappe à son regard séduit et bienveillant : la forme du corps, l’odeur, la couleur des yeux et des cheveux, les détails, les vêtements, les chaussures, les accessoires, le comportement, les pulsions.
Un homme au cœur sensible donc, un esthète confronté à des situations difficiles, à des scènes de massacre très pénibles à supporter par le lecteur, qu’il décrit avec autant de minutie qu’il décrit celles de ses ébats amoureux. Un dur au mal, un révolté contre les abus sociaux et contre ceux qui les pratiquent et en jouissent et dont il dénonce les agissements, dans un langage fleuri, cru, plein de comparaisons amusantes et même désopilantes.
Quelqu’un que rien n’étonne, surtout pas les coups de théâtre, nombreux au cours de l’histoire. Et là, nous nous situons sur deux niveaux :
• le récit du commissaire et ce que lui-même comprend et perçoit des événements,
• ce que le lecteur en reçoit, peut en déduire et sa possibilité d’anticiper – avant même le commissaire peut-être- la suite de l’intrigue.