A proposito di Mordenti

Il y avait le Mouchoir de Cholet.
Et le blanc et fin mouchoir que la dame ostensiblement laissait choir à ses pieds pour que, se précipitant, le gentilhomme le ramasse, le lui tende, la regarde, lui parle.
Il y eut le grand mouchoir à carreaux, noué aux quatre coins pour en faire un béret, étalé sur l’herbe pour y faire un pique-nique.
Il y a le mouchoir du prestidigitateur, en soie de préférence, qui glisse entre ses doigts, disparaît dans sa manche, dans sa gorge, sort de son chapeau, se multiplie en une myriade de petits mouchoirs noués les uns aux autres.
Il y avait le mouchoir des adieux, celui triste des quais, des jetées, que l’on agite jusqu’à ce que la fumée du train ait englouti l’être cher qui s’en va, jusqu’à ce que la corne du navire se soit évanouie au-dessus du petit point appelé je t’aime et qu’alors enfin on portait à ses yeux débordant de larmes douces-amères.
Maintenant il y a Le Mouchoir du Commissaire. Secourable, compatissant ou ironique, toujours prêt à être tendu à une femme éplorée :

Mais qu’est-ce là, dans ma poquette ?
C’est mon vieux mouchoir blanc…si laid,
Je te le donne
… (Théodore Botrel. Le mouchoir rouge de Cholet)

Que n’eut-il vingt fois eu l’occasion de consoler la belle Océane, notre galant commissaire, pour le plaisir d’admirer ses yeux, son nez, ses jambes !
« Elle a recommencé à pleurer doucement. J’ai sorti mon mouchoir. Il n’était pas immaculé comme celui du docteur mais il était propre. Elle l’a pris avec un sourire las mais reconnaissant et a essuyé ses larmes. Elle s’est aussi mouchée. » (Les italiens, chapitre un)
Ce n’est pas pour l’admirer qu’il fit de même avec l’ingrate Camille mais pour mieux la presser encore :
« Padrazzi s’est mise à pleurer tout bas. Je lui ai passé un mouchoir presque propre. » (Troppo piombo, chapitre 9)
Mordenti est un malin. Lui, jamais directement ne s’en sert, mais jamais ne l’oublie, à toute fin utile. Il fait fi du moderne kleenex, de l’impersonnel papier, lui préfère le tissu de nos mères garant de sérieux, de douceur, de durable.
Fasse que toujours il se contente d’éponger les larmes des dames, que jamais il ne soit  Plein de sang, ma mie Annette, et ne devienne si rouge qu’on dirait un mouchoir rouge de Cholet.

4 pensieri su “A proposito di Mordenti

  1. Mi chiedo se Mordenti (o Pandiani) conosce Jean-François Vilar come autore di polar (nulla a che vedere con l’argomento del mouchoir).
    Peccato che in Italia è stato pubblicato poco, e non si trovi neanche quel poco; comunque Victor Blainville è piuttosto critico con Chartier.

    A la proçhaine.

    Stefano

    • Non lo conosce, ma farà tesoro di questo consiglio e cercherà immediatamente qualcosa da leggere di Jean-François Vilar , magari alla Librairie Française.
      Immagino che molti siano critici nei confronti di Chartier, ma nonostante tutto, almeno una visita penso possa essere divertente. Sei già rientrato da Parigi?
      A presto! E

  2. Caro Enrico,
    scrivo da Milano (onde mi fai un complimento).

    Meglio Amazon.Fr. per comperare, comunque io sto leggendo (in Italiano, fu edito da Donzelli, qualche errorino in traduzione su certi aspetti francesi) Les Exagérés, ieri ho comperato su internet C’est toujours les autres qui meurent.
    Ti segnalo, anche, questo sito: http://passagejfv.eklablog.com/.

    Ovviamente andrò da Chartier la prossima volta che passerò a Parigi. Era solo una spigolatura la mia.

    Ciao

    Stefano

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